Retour du Mass Critique de Babélio pour « La nuit des éventails »

LANUIT-une (2)   babélio masse critique

Opération Mass Critique septembre 2015

Les éditions de la Rémanence remercient les trois lectrices pour ces avis détaillés, même si la troisième chronique va un peu loin dans sa critique comme dans son interprétation.

On peut ne pas apprécier une plume, une histoire, des idées, et en exposer les raisons clairement. Mais la bienveillance, préalable à toute critique constructive, invite nécessairement à éviter de blesser (et plus encore lorsqu’on sait manifestement manier et choisir ses mots).

Par mllemalenia, le 26 août 2015

Ce sont deux histoires qui s’entremêlent dans ce roman, celle d’Émilien et celle de Clarisse. Deux époques aussi. Et deux histoires d’amour. L’auteur a choisi d’alterner l’une et l’autre dans différents chapitres sans lien apparent, et son choix d’incessants changements de point de vue, jusqu’à l’intérieur d’une seule et même histoire, sont parfois déroutants. C’est ce que j’ai le moins apprécié dans ce livre. On passe les cent premières pages à se demander pourquoi ces histoires s’intercalent sans raison, et c’est un peu dérangeant.
Cependant, je dois avouer qu’on ne s’attend pas à ce lien entre les deux thématiques (ce que je dis semble mystérieux, mais il m’est difficile de ne pas spoiler…) et c’est une bonne surprise. le dénouement, surtout, avec le dévoilement de la vraie personnalité d’Émilien, et le nouvel enchevêtrement lié à Sarah, qui laisse place à toute sorte de nouvelles hypothèses m’a particulièrement séduite…
En résumé, c’est un livre à lire. A lire jusqu’au bout, sans se laisser décourager par les début un peu obscurs, car le style de l’auteur est vraiment agréable, et c’est au final une vraie histoire, construite et bien pensée, que nous offre cette auteure. Une histoire toute en éventail, si j’ose dire…
Un grand merci au éditions de la Rémanence pour cette très agréable découverte.

Par Little_Daisy, le 13 octobre 2015

L’auteur nous propose des enchaînements de morceaux de vies qui aux premiers abords n’ont rien en commun. C’est ainsi que nous suivons tour à tour Émilien, Clarisse ainsi qu’Adrien. Tout se déroule sous nos yeux pour finir par se croiser et se lier. Comment peuvent se rejoindre un fils de paysans ayant vécu un siècle avant cette auteure et ce comédien ? Plus de choses qu’on ne le pense au début de la lecture.
Tout en finesse et en délicatesse, nous découvrons les histoires de nos trois protagonistes. La jeunesse des deux hommes à deux époques différentes et la vie « actuelle » de Clarisse qui avoisine la cinquantaine. Nous changeons de personnages à chaque chapitre, les histoires s’enchaînent et la lecture bat son plein. Nous sommes très vite plongés dans ces trois histoires et nous n’avons de cesse de tourner les pages pour en savoir plus, pour comprendre les décisions de chacun et surtout quels sont les conséquences de ces décisions. La personnalité et la pensée des protagonistes est détaillé. Avec Adrien notamment, nous observons un homme névrosé, amoureux de l’amour et de la mort. Je pense que c’est le personnage qui m’a le plus ému par son côté hors normes et en fait tellement touchant, tellement droit dans sa façon d’agir. Il n’est pas réellement en pleine possession de ses moyens tellement la névrose semble prendre le dessus sur le reste. Je ne vous en dit pas plus de peur de vous en révéler trop ! Émilien est plus universel, ou plus proche de ma façon de voir la vie, je ne sais pas trop. En tout cas, il tente de vivre ses rêves et voit en cherche les limites. C’est finalement ce que nous devrions faire dans la vie, n’est-ce pas ? Clarisse est un peu plus complexe qu’il n’y parait. Femme fragile, en quête d’amour parfait, elle se donne à corps perdu dans l’écriture. Elle est le metteur en scène de la pièce qu’elle a écrite mais elle est aussi le metteur en scène de notre histoire. Narratrice, elle nous expose son point de vue et c’est elle qui donne le ton. C’est une femme faite de mots et de papier qui a du mal à exister en dehors de ses livres. La voilà sur le devant de la scène qu’est sa vie, c’est un régal pour le lecteur.
Cathy Borie nous surprend dans le dénouement de ces vies, dans la tournure que prend les sentiments de chacun. Elle dresse des portraits à la fois touchants et horribles sur certains points. Elle décrit avec justesse la vie et ses aléas.

Par Galirad, le 21 octobre 2015

Ce roman « La nuit des éventails » de Cathy Borie m’a été offert par Marie-Delphine de Babelio et la jeune Maison d’édition « Remanence », en échange d’un commentaire, dans le cadre de l’opération « Masse Critique ». Avant de vous livrer mon analyse, je tenais à les en remercier.
Le livre se décline en 26 chapitres et s’organise en une alternance, plutôt régulière, de deux récits se déroulant à des époques différentes, sur des bouts de vie d’une femme et d’un homme n’ayant apparemment rien en commun.
Le roman débute par une confidence de Clarisse quant à son rapport à l’écriture, depuis sa plus tendre enfance et tout au long des années qui se sont écoulées depuis. Elle a dépassée la cinquantaine, vécu des joies et des épreuves. Après quelques détours et retours dans sa vie professionnelle, elle s’est consacrée au théâtre pour lequel elle est, au moment où nous la rencontrons, en plein montage de sa dernière pièce.
Le deuxième chapitre évoque Les conditions de la naissance d’Émilien, né par inadvertance et dans le dénuement, en ce froid mois de janvier 1899.
Progressivement, nous les découvrons, tous deux, de manière dissociée, jusqu’à apprendre dans les dernières pages du livre, ce qui les lie au-delà de leur quotidien.
L’architecture du roman est bien pensée, l’histoire tient la route et nous passons sans anicroche d’un monde à l’autre.
Par contre, ce qui est bien moins réussi, c’est les pensées, les propos et les actes prêtés aux différents personnages. Trop souvent, des incohérences se glissent dans le récit et met à mal sa crédibilité. L’auteur n’est, à mon sens, pas encore parvenue à l’inconditionnel et nécessaire détachement de son ego avec son texte. Manifestement, Cathie Borie voit en Clarisse le coté sublimé de sa propre personnalité, çà se sent et ça dérange. A certains moments, j’en ai éprouvé jusqu’à de la gêne face à la naïveté qui transpirait au travers de ces lignes.
Pour aller au bout de mon raisonnement, j’ai eu l’impression d’avoir en main un texte d’amateur qui aurait mérité quelques relectures supplémentaires permettant de lisser certaines aspérités dérangeantes et d’éliminer les scories menaçant la cohérence de l’ensemble.
Dommage …

Retrouvez toutes les autres chroniques du roman sur sa page Babélio : http://www.babelio.com/livres/Borie-La-nuit-des-eventails/761104

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